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Pour une économie Symbiotique

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Pour une économie Symbiotique

On décembre 29, 2018, Posted by , In Concept alternatif,Synthèse de lecture, By , With No Comments

L’économie, le mot est lancé et certains auront de idées noires. Berceau de multiples externalités négatives, l’enjeu majeur de l’économie face aux prospectives catastrophiques sera de produire des impacts positives. Une économie positive, voilà encore la vision d’une utopiste qui s’est égaré dans la court des grands ? Pourtant, c’est bien l’économie traditionnelle, productiviste, industrielle qui devient utopiste. Dans un monde aux enjeux cruciales et aux ressources limitées, qui peut encore naïvement croire à une croissance sans limites et à la logique de concurrence sanglante (Mis à par ceux qui en tirent profits sans conscience collective) ? Il nous faut une transition et replacer l’économie au service de l’Homme et la nature pour en retirer des profits durables et globaux. Mais il manque un cadre systémique pour développer une telle approche. Il nous faut apprendre à créer des écosystèmes de solutions interconnectées.

Ingénieure agronome de formation, Isabelle Delannoy est aussi l’auteur de L’économie symbiotique, un ouvrage qui a beaucoup fait parler. Elle était en premier terme, une écologiste. Sensible à la catastrophe climatique annoncée, elle alerta, pointa du doigt. Puis, dans un sursaut de bon-sens que d’autres n’ont pas, elle s’intéressa aux solutions possibles. Elle comprit ce que nous tentons de diffuser à tout prix sur ce blog, à savoir que l’économie est un moyen d’agir et d’injecter des valeurs, non une doctrine productiviste fixe. Après avoir interroger les scientifiques sur l’état de la planète et l’effondrement programmée, elle a cherché des exemples de solutions envisageables, des traces d’économies alternatives. Elle a enfaîte découvert que partout sur la planète, les solutions été déjà là, mais que nous ne les diffusions pas. L’étendue de ses solutions forment un puzzle, dont on ne distingue pas toujours toutes les pièces, dont on ne voit pas toujours la cohérence. Quelle entreprise Occidentale irait s’intéresser à la manière si efficiente de certains paysans des rizières, remplaçant de manière brillamment simple les pesticides par des canards ? Et pourtant, ce genre de modèle de symbiose est notre avenir.

Les gens ne sont pas fondamentalement mauvais comme on a (nous même) trop souvent tendance à le croire. Nous voulons tous le bien dans la mesure du possible. Mais il est souvent difficile d’ouvrir les yeux à côté de son propre nez. Ça, c’est justement le travail des « utopistes ». Ils commencent à faire si bien leur travail, qu’il est aujourd’hui (presque) admit par tous les gens de bons sens, que la nouvelle ère économique émergente, est basée sur la coopération plutôt que la confrontation, l’usage plutôt que la propriété. L’économie sociale et solidaire et son armée de bienveillant parfois trop bobo, la Permaculture et ses héros d’Ardèche, la Permaéconomie qui s’en inspire, l’industrie consciente, les entrepreneurs aux solutions innovantes, les territoires aux obligations de résultats, tous parlent de la même chose. Quand on prend du recul sur cette masse d’intérêts réciproques et compatibles, on y voit la solution, le puzzle prends forme. C’est l’heure de se mettre en symbiose ou de sombrer séparément.

On la définit donc comme un modèle économique régénératif radicalement nouveau qui affirme la possibilité de développer une relation symbiotique (c’est à dire de croissance mutuelle) entre des écosystèmes naturels prospères et une activité humaine intense, et ce dans tous les domaines de l’économie. Grâce à elle, nous pourrions par exemple, comme sur la vidéo précédente, créer des cités autonomes en eau, en énergie, en nourriture fraîche, mêlant immeubles-forêts et jardins filtrants, cités numériques et jardins d’hiver, autoroutes à vélo et véhicules autoconstruits, agriculture, fablabs et manufactures locales. Pour cela l’économie symbiotique s’appuie sur la symbiose entre l’intelligence humaine, la puissance des écosystèmes naturels et la technosphère (les outils). En trouvant le juste équilibre entre les trois, il est possible de produire sans épuiser les ressources, mais en les régénérant.

Rien de grand ne se fait seul, c’est bien connu. Alors, aucune des innovations économiques ne peut faire face seule aux défis complexes auxquels nous sommes confrontés. C’est seulement en créant des synergies entre les différentes approches qui puisent dans l’intelligence des écosystèmes naturels, le génie humain et la puissance de technologies efficientes que nous pouvons espérer aboutir à une véritable durabilité.

Nous avons donc là la possibilité de changer de modèle, de bifurquer. Nous devons apprendre à le co-désirer. Ensemble nous pouvons créer un nouveau paradigme économique qui a la capacité d’amplifier notre impact positif sur la planète, tout en relançant la prospérité mondiale. Tout le monde à un rôle à jouer. Ne serait-ce qu’entant que consommateur par exemple. Ne parlons plus de consommation responsable, pour se donner un genre et une bonne conscience parfois tronquée. Parlons de consommation structurante, en faveur des coopératives, du local. Soyons acteur d’une économie régénératrice (cf Guibert Del Marmol), créant pour tous plus de valeur qu’il n’en détruit.

Cela parait tellement simple et trop militant. Dans les commentaires de son intervention TED (en lien ci-dessous), certains auditeurs ont publié « Mais quelle est donc cette secte étrange ? » ou encore « Caca, pipi, capitalisme ». Ces arguments, aussi peu subtiles qu’ils soient, sont légitimes dans la mesure où l’on prend en compte le fait que la douce voix de Mdm Delannoy, ces mots fleuries, aux images de papillons, créer un décalage pour beaucoup avec la sphère économique, la mentalité traditionnellement limitée dans laquelle évoluent encore beaucoup de gens. Mais ce concept d’économie symbiotique, prônant justement un recul sur l’ensemble des domaines et postures de recherche, ne peut être apprécié à sa juste valeur qu’en parallèle d’un grand travail de déconstruction. Au delà des solutions miracles, il faut pouvoir comprendre le formidable agencement des stratégies de l’économie de la fonctionnalité, appréhender plus en profondeur et avec un peu plus de sensibilité les questions climatiques, les prospectives de l’effondrement, mais aussi les grandes limites du système capitaliste. Le capitalisme doit avoir une conscience sur son environnement, ou chutera bien plus vite qu’on ne le pense avec lui.

Source : Isabelle Delannoy, L’économie symbiotique, Régénérer la planète, l’économie, la société ; Acte Sud et depuis son site internet

SALLEY Maxime

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