Ruche à loups

L’âge de la connaissance

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Sauver le monde en se sauvant soi-même. C’est ça l’écologie positive, l’âge de la connaissance.

Le génie d’Idriss Aberkane est de rendre la connaissance accessible. Plus spécifiquement au sujet de transition d’un modèle à l’autre, il propose avec une simplicité savante dans ce livre, « l’âge de la connaissance », de prouver les limites de la logique productiviste, mais également de montrer en quoi cela nous concerne tous et la bêtise qui s’agite partout dans nos sociétés industrielles. « Comme la connerie, notre connaissance est infinie. Tout le contraire de notre système actuel fondé sur les hydrocarbures, dont la source finira inexorablement par se tarir. Ainsi, l’économie de la connaissance nous assure un développement durable. Une révolution, une économie qui ne ressemble pas à l’économie. Du moins pas à celle, vorace, que le monde a développée depuis la révolution industrielle. Mieux, elle en défie toutes les lois : sa matière première est inépuisable. elle favorise le partage et son pouvoir d’achat dépend de chacun d’entre nous. » Pour comprendre ce nouveau monde qui s’annonce, que nous devons imposer, voici la synthèse argumentée et parfois complétée, de cette ouvrage majeur pour la Ruche à Loups.

La déconstruction comme premier pas

Dans une interview de Thinkerview, le prospectiviste Marc Luyckx a donné son avis sur la question Idriss Aberkane, en affirmant que ce jeune a tout compris. Ce qu’il y a d’infiniment appréciable lorsque l’on commence la lecture de « l’âge de la connaissance », c’est que l’auteur nous incite en premier lieu à « Dépasser nos limites ». C’est bien là qu’Aberkane a « tout compris ». Il faut les arrachés à leurs certitudes dépassées. Ce que beaucoup de gens font, c’est vous prendre de hauts sur les sujets de changement de logique sociétale, de vous rire au nez, et avec condescendance de vous tapoter sur l’épaule en vous disant « J’ai du respect pour les utopistes, c’est bien de rencontrer des gens comme vous« , comme devant un clown après son spectacle. Surtout les plus âgés, qui n’ont pas encore appréhender les concepts économiques émergents, saisis leurs enjeux, leur importance majeure, au dessus de toute considération financière ou dogmatique. A cela, ce qu’Idriss Aberkane commence par développer, ce sont les deux mensonges que la révolution industrielle a pu faire rentrer dans la tête des Hommes en costume depuis 200 ans. A savoir qu’entre nature et emploi, il faut choisir. Entre produire ou s’épanouir, il faut faire de même. Cette opposition aurait structurée notre rapport à l’écologie, notre inaction, notre rapport au travail, notre asservissement à une système étouffant, notre politique, notre économie, son industrie et l’éducation vouée à perpétuer ce cercle vicieux.

Le débat écologique en 2018, se résume encore à la question « Combien d’emploi je perds, combien de nature je gagne ? » Ce rapport de force, dans lequel nombre de dirigeant reste enfermer, ferme la porte à l’espoir. Le débat des gilets jaunes en France nous rappeler cette situation, entre fin du monde et fin du mois, il faut choisir. La phrase du l’ex président Américain « le train de vie des Américain n’est pas négociable », nous prouve encore, comme si cela était encore à démontrer, qu’un travail de déconstruction est à faire. Enseigner la sobriété, la passion, la raison. L’auteur avertit, l’écologie n’est pas une punition. Le rôle du livre serait de prouver que nature et économie ne sont pas des opposés. Au contraire elles s’inspirent, elles sont interdépendantes, à nous d’entreprendre des liens intelligents. Arrêter de polluer, soigner la nature, ce n’est pas une corvée, l’écologie ne doit pas être punitive, ou une histoire d’image des entreprises, aux impacts souvent vides. C’est une opportunité d’aller vers de nouveaux marchés. Les solutions sont bien souvent à nos pieds, dans la nature, dans le bon sens, dans l’immatériel, la connaissance. Évoluons notre manière d’entreprendre des solutions utiles, « ne mourrons pas de soif au pied d’une fontaine ».

« Les dogmes du calme passé sont inadéquats au présent tourmenté. L’occasion nous attend, barré de hautes difficultés, et nous devons nous élever avec elle. Notre situation est inédite, nous devons donc penser et agir d’une façon nouvelle. Nous devons nous démêler de nous-mêmes, c’est alors que nous sauverons notre pays. »

Message adressé par le président Lincoln au Congrès Américain, lors de l’inauguration de son mandat

Se déconstruire, c’est accepter de comprendre qu’un loup peut être au service de la ruche. C’est comprendre qu’il est nécessaire, vital, urgent de changer sa manière d’aborder l’économie, le vivant et son organisation. Mais que cette nécessité est une opportunité de s’accomplir autrement, de façon tout aussi viable, mais avec tellement plus sens. Sauver le monde en se sauvant soi-même. C’est ça l’écologie positive, l’âge de la connaissance.

Maximiser la valeur ajoutée

Aux sources de l’économie de la connaissance, il y a l’idée d’apporter un maximum de valeur ajoutée à ce qui sort de terre, à l’ambition d’offrir aux produits le plus de savoir-faire possible afin de les vendre plus cher que s’ils n’étaient qu’une marchandise brute proposée en gros. Si l’on reprends l’exemple apporté par Christophe Semples à propos de l’économie de la fonctionnalité et de la coopération, sur les pesticides. Si vous êtes un vendeur de pesticides, votre but sera d’en vendre le plus possible. Mais si on rends le processus plus intelligent, le modèle de l’entreprise pourrait être de dépasser la logique de distributeur et être expert en traitement des champs. Grâce à la connaissance du produit, l’entreprise pourrait délivrer la bonne dose de pesticide de faon pertinente face à l’exploitation en question. L’entreprise se distingue, accroît sa valeur ajoutée et produit une chaîne d’externalité positive grâce à la disparition de cette logique volumique qui détruit la planète. Idriss Aberkane prends pour exemple le succès des abbayes comme « machines à cash » grâce à leurs produits (bières, fromages …). Il explique que ce succès serait dû au fait que les moines injectés le plus de savoir, de connaissance possible afin d’y produire des produits à forte valeur ajoutée, capables de s’exporter très loin. Cela m’a fait penser à l’inimitable Bénédictine, alcool exclusivement produit pas des moins Bénédictins, composé d’un nombre inimaginable d’ingrédients, d’épices et de savoirs-faire. Injecter de la patience humaine, de l’attention, du temps est le meilleure moyen de mettre en valeur et de façon durable un produit. C’est la logique des artistes, les vrais. Soyez artiste, peu importe votre domaine.

Les plus sceptiques, qui trouveront toujours à remettre en cause sur les concepts présent dans la Ruche à Loups, prétendront les yeux en forme de dollars que cette maximisation de la valeur ajoutée n’est pas plus rentables que d’exploiter, produire, vendre toujours plus, en masse. A cela, Aberkane rétorque d’emblée que la société Apple, dont il fait des éloges ambigus, est une entreprise de connaissance, pas un groupe pétrolier. Total : Apple est créditeur de plus d’un quart de trillion de dollars, 285 milliards et quelques millions prés. La connaissance est un avenir pour les ambitieux. L’exemple d’Appel reste tout de même controversée et nous n’en ferons pas plus l’éloge ici. Au delà de son côté obscure de la force, on pourrait se concentrer, comme l’avoue Aberkane, sur la dimension matérielle de ses produits. Ils sont fabriqués à partir de matières parfois rare et non renouvelable et forment une géopolitique des smartphone. Pourtant, les produits d’Apple valent beaucoup plus cher que leur composants pris séparément, et leurs composants valent plus cher que leur poids en matière première. Le différentiel, c’est la recherche, le marketing, les brevets, (la capacité à jouer sur le rapport de force et ne pas payer ses impôts) toutes ces choses immatérielles qui font briller cette entreprise aux yeux des banquiers. L’économie de la connaissance, dit l’auteur, c’est la seule économie qui nous permette, en une génération et demie, de passer d’un simple garage à 1000 milliards de dollars.

Voilà pour les assoiffés, maintenant parlons des choses sérieuses. Si vous évoluez dans le courant qui nous dit que l’économie doit être replacé au service de l’Homme est la nature, que l’entreprise doit avoir pour raison d’être tout autre chose qu’une finalité purement financière et égoïste, cette conclusion ne vous conviendra pas. L’économie de la connaissance, plus vieille économie du monde, c’est avant tout l’opportunité de sauver le monde, rien que ça. C’est pourquoi cet âge de la connaissance est avant tout un traité d’écologie positive. Nous pouvons, de façon plus que viable, tendre vers une économie performante et qui soigne la terre, renoue avec le vivant, trouve des solutions dans la nature, pour la nature.

Une nouvelle mission qui s’offre à nous

Produire ou s’épanouir, il n’y a pas à choisir. Être productif n’est pas synonyme d’être dépressif. Sauver le monde en se sauvant soi-même, c’est aussi se sauver du vide, du travail sans passion, une vie à peine vécu. L’économie de la connaissance nous offre

Les civilisations meurent notamment lorsqu’elles cessent de respecter leur terre. Changer de paradigme et diffuser la connaissance, le regard systémique sur soi et son environnement, c’est déjà apprendre à respecter le vivant. Cela en faisant comprendre que nous faisons partie d’un tout, que l’Homme est dépendant de la nature, que son impact actuel en est indigne. Dans une économie de la connaissance, jeter un plastique dans la mer serait alors être traître à l’économie. Voilà comment faire évoluer notre perception de la valeur, en jouant sur l’intérêt des Hommes, des organisations.

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Le Biomimétisme : La nature comme moteur d’une l’économie efficiente

L’économie de la connaissance trouve déjà des prolongements majeurs grâce au biomimétisme : cet œuf d’oiseau qui inspire les satellites, cette peau de requin qui a changé l’industrie aéronautique, ce coquillage qui a bouleversé notre regard sur le cerveau, etc. Pour vous pencher davantage sur la question du Biomimétisme, devenir un entrepreneur bio-inspiré, voici en lien les travaux du Dossier de la Ruche à loups sur le sujet. Ces articles sont largement inspirés des travaux d’Idriss Aberkane et vous permettront d’aller plus loin que s’il s’agissait ici de faire la simple synthèse du chapitre concerné dans l’âge de la connaissance :

  • L’informatique Bio-inspiré :

Maintenant, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas. Vous avez un pouvoir et une mission. L’économie de la connaissance doit aujourd’hui guider toutes nos politiques.

SALLEY Maxime